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Le quartier de la Mouzaïa (1887-1928)

Rue de Mouzaïa

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L’entrée de la villa Sadi-Carnot, du côté de la rue de Mouzaïa

Le quartier de la Mouzaïa forme un grand éventail délimité par les rues David-d’Angers, Compans, Bellevue et de l’Égalité, de part et d’autre de la rue de Mouzaïa, qui traverse les lieux d’est en ouest. Il doit son caractère bucolique aux passages aménagés, dans le dernier tiers du XIXe siècle, entre ces rues alors nouvellement créées.

Ces passages pavés sont bordés de petites parcelles plus ou moins alignées, bâties de constructions assez semblables : petites maisons de ville construites en brique ou en meulière, précédées de cours et de jardins. Ponctués de réverbères haussmanniens, parfois terminés en impasse et bordés d’habitations individuelles, ils entrent aujourd’hui dans la catégorie des « villas » ou « hameaux » de la capitale.

L’urbanisation du quartier de la Mouzaïa débuta après l’abandon d’un projet de marché aux chevaux et aux foins. Les terrains furent alors consacrés à la résorption de l’habitat insalubre aux portes de Paris et confiés à l’architecte et promoteur immobilier Paul-Casimir Fouquiau. Celui-ci se porta lui-même acquéreur de terrains, dès 1888, afin de constituer des parcelles à revendre nues ou construites, selon le cahier des charges établi par la Ville de Paris en 1889.

Profitant de la loi Siegfried, qui favorisa la création des Sociétés d’Habitations à Bon marché (H.B.M.), Fouquiau constitua sa propre société vouée à la construction de logements destinés aux populations les plus modestes. Il fut l’un des principaux bâtisseurs de la Mouzaïa.

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Une maison de la villa Félix-Faure

Les premières habitations sortirent de terre à la fin des années 1880, pour les plus anciennes, et après 1920, pour les plus récentes. En raison de l’exploitation des carrières de gypse et du sous-sol creusé de galeries, elles ne comprenaient que deux ou trois niveaux. Leur distribution était unique : une pièce à vivre au rez-de-chaussée, une chambre à l’étage, un jardinet, une courette à l’arrière, avec les sanitaires.

Les façades, à la modénature semblable (formes en creux, briques disposées en quinconce et moulures), s’ouvraient toujours par une porte d’entrée très étroite, le plus souvent surmontée d’une marquise vitrée en fer forgé ou d’un auvent. Les fenêtres, souvent ornées de décorations géométriques, donnaient uniquement sur le jardinet, séparé du passage pavé par un muret et une grille.

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La villa Émile-Loubet, en pente vers la rue de Mouzaïa

A la Mouzaïa, Fouquiau s’est appliqué à reproduire un modèle d’habitation ouvrière hérité de l’exemple des cités-jardins, obtenant une belle homogénéité architecturale. Les parcelles situées au sud de la rue de Mouzaïa réunissent des maisons disposées en gradins successifs, desservies par un passage filant vers le sommet de la butte de Beauregard.

Percée en 1887, la villa Émile-Loubet est, comme ses voisines, un îlot de verdure et de tranquillité : elle portait à l’origine le nom de « villa des Fleurs ».

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La villa Eugène-Leblanc, vers la place des Fêtes

Le quartier de la Mouzaïa se développa selon le même modèle jusque dans les années 1920. La villa Eugène-Leblanc, aménagée en 1913, reprend par exemple le principe édicté par l’architecte Fouquiau : passage pavé, murets et grilles ou portes à pans de bois en guise de clôture, petits jardinets, maisons peu élevées.

Au fil du temps, les propriétaires successifs ont décoré les façades à leur goût, les recouvrant parfois d’un crépis de couleur. Dans l’Entre-deux-guerres, les maisons ont pris de l’importance, pouvant loger une famille à chaque niveau.

Rue Miguel-Hidalgo

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La villa Rimbaud

Les villas situées à l’ouest du quartier de la Mouzaïa débouchent dans la rue Miguel-Hidalgo ; celle-ci part de la rue Compans et aboutit à la place Rhin-et-Danube. Terminée en impasse, la villa Rimbaud, créée en 1926, semble avoir privilégié les maisons caractéristiques de la Mouzaïa, avec murets et piliers en brique délimitant de petits jardinets plus ou moins arborés, claveaux des plates-bandes de fenêtres rehaussées de couleur, grilles en fer forgé.

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La villa Armand-Fallières

Sur le trottoir d’en face, la villa Armand-Faillières, terminée en impasse, est bien différente. Une grosse bâtisse en briques régulières, conçue par l’architecte M. Sigogne, se dresse à l’angle de la rue Miguel-Hidalgo. Cette maison de style « Art Déco », dont la corniche peinte au pochoir reproduit des motifs de rose, est probablement postérieure à la création de la villa en 1926.

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La villa Paul-Verlaine

La villa Rimbaud est voisine de celle qui porte le nom d’un autre poète : Paul Verlaine. Cette villa a la particularité de former un coude, de longer des habitations plus récentes et de rallier la rue François-Pinton, au-delà d’un passage enjambé par une construction moderne (voir villa Claude-Monet).

Le tronçon rejoignant la rue Miguel-Hidalgo est toutefois le plus charmant : la plupart des maisons en meulière sont assez massives et volumineuses, probablement d’une conception tardive située vers 1925-26.

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La villa Jules-Laforgue

Créée au cours des mêmes années, la villa Jules-Laforgue, située plus au nord, contient au moins une maison plus large et à deux étages, conçue dans le style des « années 30 », dotée de balcons et de garde-corps rectilignes. Elle est encore environnée de maisons traditionnelles en briques polychromes, qui se glissent entre des bâtisses apparemment plus récentes. Dans cette villa terminée en cul-de-cas, les jardinets débordent, comme ailleurs, d’une végétation luxuriante (chèvrefeuille, lierre, figuiers, glycines, bambous…).

     

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La villa Claude-Monet

Créée en 1928, la villa Claude-Monet illustre la même époque, comme le suggèrent les parements modernes, les garde-corps des fenêtres et les systèmes de clôture. Les maisons situées au fond de la villa évoquent le style « Art Déco » (balustres tubulaires), voire « pavillonnaire », bien éloignés de l’esprit de la Mouzaïa.

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Les vieilles maisons de la villa Claude-Monet

De ce côté, la villa Claude-Monet est accessible par le moyen d’un escalier inattendu qui rachète la forte dénivellation existant avec la rue François-Pinton.

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L’escalier de la villa Claude-Monet et, à droite, le passage couvert menant à la villa Paul-Verlaine

Le caractère pittoresque et sauvage de deux vieilles bâtisses, apparemment délaissées, tranche, ici, avec l’impeccable « faux colombage » de la construction voisine.

Rue du Général-Brunet

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Percée en 1902, la villa des Boers porte le nom des colons de l’Afrique australe, qui signifie « paysans » en néerlandais. Elle doit cette appellation à la rue du Transvaal, qui fait référence à la région perdue par les Boers entre 1899 et 1902, lors de la guerre contre les Britanniques.

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La villa des Boers

   Cette villa forme un passage très étroit qui entreprend les premiers mètres du versant de la butte de Beauregard. Les passants peuvent y déambuler à couvert des frondaisons, afin de se protéger quelques instants des rayons du soleil ou d’échapper aux averses imprévues. En empruntant la villa des Boers par la rue Miguel-Hidalgo, les promeneurs attentifs peuvent apercevoir le clocher de l’église Saint-François-d’Assise de Paris.

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La villa Cronstadt voisine, percée en 1894, rend hommage au port militaire russe de Cronstadt qui avait accueilli la flotte français en 1891, dans le cadre de l’Alliance franco-russe. La plaque de rue évoque également la défense de Belleville, lors de la campagne de France, en 1814, qui conduisit à la défaite de l’armée française, à la première abdication de Napoléon et à la Restauration des Bourbons.

 

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La villa Cronstadt

La villa Cronstadt adopte le même plan incliné que la villa des Boers. Elle n’est pas plus large, mais la végétation est moins envahissante, si l’on excepte de grand arbres qui lui donne un aspect méditerranéen, depuis la rue du Général-Brunet.

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La villa d’Hauterive

 Créée en 1889, la villa d’Hauterive était, à l’origine, une voie privée, comme en témoigne encore le couronnement en fer forgé qui dominait autrefois la grille d’accès au passage pavé. Elle fut ouverte à la circulation publique en 1998.

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Le hameau du Danube

Le hameau du Danube est un îlot organisé différemment, bordant une rue régulière en forme de « Y ». Il est composé de vingt-huit pavillons en meulière avec jardinets et clôtures en bois, conçus par Georges Albenque et Eugène Gonnot en 1923-24. Il rappelle l’esprit des cités-jardins, que les deux architectes mettaient en œuvre, à la même époque, à Stains. Ce coin de campagne à Paris, merveilleusement arboré, est une voie privée, accessible par une clôture en bois peint, à deux pas de la place Rhin-et-Danube.

Rue de La Liberté

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La villa Marceau, vue depuis la rue du Général-Brunet

Ouverte en 1892, la villa Marceau débouche à l’ombre de l’église Saint-François-d’Assise de Paris, sur la rue de la Liberté.

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La villa de Fontenay

Créée en 1889 et baptisée initialement « villa des Prévoyants », la villa de Fontenay rend, depuis 1926, hommage aux frères Charles et Étienne de Fontenay, l’un poète et l’autre peintre, tous deux morts au champ d’honneur pendant la Première guerre mondiale.

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L’entrée de la villa Amalia, du côté de la rue de la Liberté

Ouverte en 1892, la villa Amalia a d’abord été une voie privée, avant d’être livrée à la circulation publique en 1959. Nommée initialement « villa des Acacias », elle porte désormais le prénom de la fille du propriétaire qui possédait les terrains au moment de sa création.

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La villa de Lorraine

Créée en 1926 et faisant écho à la villa d’Alsace, qui débouche sur la rue de Mouzaïa, la villa de Lorraine se termine en impasse. Un aménagement particulier singularise cette villa : une rampe inclinée et un escalier de quatre marches, doté d’une main courante et d’une balustrade en fer, se partagent en effet son entrée sur la rue de la Liberté.

Rue de l’Égalité

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La villa du Danube

Cette villa, ouverte en 1923, gravit la butte de Beauregard sur un autre flanc et débouche sur la rue de la Liberté, face à la villa de la Renaissance. La villa du Danube ne manque pas de charme : les jardinets sont luxuriants et les maisons, parfois précédées d’un bel escalier et d’un perron.

Depuis la rue David d’Angers, le promeneur peut, à la belle saison, contempler une vigne qui laisse volontiers échapper de généreuses grappes de raisin. Un peu plus loin, une maison en meulière se distingue des constructions voisines par son haut pignon percé d’un oculus.

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La villa Alexandre-Ribot

Créée en 1923, la villa Alexandre-Ribot offre un bel échantillon de maisons aux façades soigneusement décorées : lignes de briques rouges en léger ressaut sur un mur en briques roses ou reproduisant des motifs géométriques détaché sur un parement plus clair, petites lucarnes sur un toit incliné, mur à pignon faisant face au jardinet, peinture et crépis de couleur rompant la monotonie.   

Rue de Mouzaïa

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La villa du Progrès

Dans ces passages strictement piétonniers, les chats peuvent se promener en toute sécurité. Ils grimpent sur les murets ou s’échappent par les chatières aménagées dans la tôle des grilles de clôture. Ils ne sont pas farouches, à l’exemple de celui-ci, croisé à mi-chemin de la villa du Progrès.

Dans ce passage pittoresque, aménagé en 1889, les façades des maisons ont parfois été recouvertes d’un crépis qui frappe le regard par sa vivacité colorée.

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La villa de la Renaissance

Exactement contemporaine du passage voisin, la villa de la Renaissance se distingue, côté impair, par une rangée de maisons aux semblables volumes, aux encadrements de fenêtre repris à l’identique. Les façades se distinguent toutefois par la couleur du crépis employé pour recouvrir les murs et par le style des garde-corps et des marquises en fer forgé.

Rue de Bellevue

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La villa de Bellevue

La villa de Bellevue, créée en 1889, fait partie des premières villas aménagées par l’architecte Fouquiau. Elle parcourt les derniers mètres de la butte de Beauregard. Depuis la rue de Mouzaïa, les petites maisons étagées, aux crépis et aux volets de couleur vive, se détachent sur les grandes barres d’immeuble de la place des Fêtes. Au sommet de la butte de Beauregard, la rue de Bellevue marque une frontière entre deux époques.

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